2024 08 12 : Capri, c’est fini !

J’ai déjà dans le passé moqué les nuisances du tourisme de masse. Mais je n’imaginais pas que cet engouement excessif deviendrait un abominable fléau.

Car non seulement il incommode les populations autochtones des lieux où déboulent les hordes de touristes grégaires, mais il dégrade les sites, dévaste leurs cheminements, leurs abords, leur milieu naturel, leur flore et leur faune, leur authenticité, mais il pervertit leurs activités économiques et commerciales qui, de traditionnelles, deviennent mercantiles à base de « souvenirs » fabriqués ailleurs, de restauration-dégustations fallacieuses, d’évènementiel d’authenticité douteuse…

Mais encore et peut être surtout désormais, le surtourisme participe gravement à l’émission de polluants de toute nature : CO2 de ses avions, navettes et paquebots, microparticules, déchets et débris jetés sans vergogne, clameurs et tapages diurnes et nocturnes, aggravation des risques d’incendie, etc.

Je me suis moi-même, dans ma jeunesse, adonné aux charmes du tourisme ; dans une époque où nous étions quelques centaines ou milliers et pas des millions et où ses dommages induits n’étaient pas même soupçonnés. Depuis qu’ils le sont, donc depuis dix ans, je ne contribue plus à ce comportement nuisible.

Je me limite, pour changer d’horizons et d’idées quand j’en ressens une sorte d’envie, à voyager sobrement dans des lieux où je suis certain de ne pas venir m’agglutiner aux troupeaux dévastateurs.

Car il en reste, des lieux secrètement attirants, charmants voire charmeurs.

Exemple : je m’en suis allé revisiter une fin de janvier, donc hors éventuelle saison touristique, l’un des berceaux de ma famille maternelle, grand-maternelle même, et grand-grand-pater-maternelle pour tout dire.

Saverne, petite ville aux confins de l’Alsace et de la Lorraine, arrosée par la Zorn et surtout desservie par le Canal de la Marne au Rhin, que j’ai souvent fréquenté et même péché car il passait à 50 mètres de chez moi à 90 km plus à l’Ouest.

Saverne où j’imaginai mon arrière-grand-père gambader tout gamin vers 1880 avant que les conséquences de la guerre franco-prussienne de 1870 et le patriotisme de ses parents les conduisent à venir vivre à Lunéville.

A Saverne, lorsqu’on est écolo on y arrive donc en train, un gentil TGV qui n’est (presque) jamais en retard.

Là, sortant de la gare par un froid nord-alsacien se voulant tonique, je tombe pile face à l’un des plus emblématiques monuments historiques savernois, avant même le Château des Rohan ou le cloître des Récollets ; et je vous le laisse admirer :

12 août 2024