Il y a quelques semaines, je lis sur un site consacré au cinéma : « L’actrice Emily Willis en état de mort cérébrale suite à un AVC » et la photo illustrant le texte montre une jeune femme que je ne connais pas.
Intrigué, car je fréquente suffisamment les cinémas pour connaitre au moins de visu la plupart des acteurs et actrices, je place l’article en mémo et j’y reviens quelques semaines plus tard. Et voici davantage d’explications :
Emily Willis, née en 1999, est actrice pornographique depuis ses dix-huit ans. Elle est renommée dans ce métier, une vraie star, non seulement pour sa plastique gracieuse et son expression corporelle débridée, mais pour son talent de comédienne, sa spontanéité, sa personnalité, ses performances… ainsi que pour sa joie et sa gentillesse. Elle explique souvent qu’elle aime le sexe et qu’elle aime le porno ; à voir la manière dont elle joue on peut la croire.
Elle obtient de nombreux prix, Awards et distinctions réputés, puisqu’aux USA ce genre cinématographique en est doté, pour ses nombreuses spécialités : sexe hétéro, BDSM, interracial, fictions et stories, lesbianisme, anal, oral…
Elle compte des millions d’abonnés sur Instagram, sur Twitter et évidemment sur de nombreux réseaux spécialisés de sexe.
En février 2024, donc à 25 ans, Emily Willis est admise en soins intensifs, placée sous ventilation artificielle, puis plongée dans le coma, après avoir été victime d’un AVC durant une cure de désintoxication qu’elle suivait depuis huit jours pour se libérer d’une addiction à la kétamine, médicament analgésique souvent sniffé comme stupéfiant récréatif.
Depuis lors, Emily Willis est sortie du coma, mais reste en état végétatif, uniquement capable de fixer son regard, de sourire, de montrer un peu d’émotion lorsqu’on lui parle. Selon les experts neurologues, elle restera irrémédiablement paralysée et son handicap moteur sera accompagné d’un lourd handicap cérébral.
Alors, alors, je me suis intéressé davantage à cette jeune femme.
Elle a comme on dit « une bonne tête », un visage avenant, une expression lumineuse. Je ne reproduis pas ci-après des extraits de ses vidéos X, car je vise à sensibiliser chacune et chacun, y compris celles et ceux qui par pudeur ou répulsion ne supportent pas le porno. Mais je peux en tout cas indiquer que je n’ai pas vu d’elle des clips vulgaires, dégradants, brutaux, grossiers. Du sexe, du sexe, du sexe, sous tous les angles et toutes les coutures, mais avec une réelle joie de vivre et un visible plaisir de copuler. Comme vous le constaterez ci-dessous, elle savait audacieusement s’envoyer en l’air.
Alors je conclurai que le procès que les milieux féministes (mais pas qu’eux) font au cinéma pornographique est louable et critiquable à la fois.
Louable parce que nombre d’actrices et participants au X dénoncent à juste titre et de plus en plus vigoureusement les comportements de harcèlement, de brutalité, de violences et de viols qui souvent accompagnent ces tournages et leur contexte. Cela doit être réprimé et sanctionné, pénalement et professionnellement… et commercialement : le public doit se détourner de ces productions vicieuses.
Critiquable en ce sens que ce n’est pas le porno qui doit être pestiféré en tant que tel, mais ses travers et abus que je viens d’évoquer. Pour le reste c’est un genre cinématographique comme un autre.
Car enfin, j’ai vu dans ma jeunesse des dizaines de westerns, de films de guerre ou de polars qui véhiculaient racisme, bestialité, cruauté, immoralité…
Deux seuls exemples :
En 1960 la mort de Davy Crockett (John Wayne) dans Alamo m’a arraché des larmes, alors que c’était un film à la gloire de l’expansionnisme et de l’esclavagisme yankee et que le mercenaire Davy Crockett y fut tué par des soldats de l’armée mexicaine régulière.
En 1972, la destinée mouvementée et tragique de la famille du Parrain Don Vito Corleone (Marlon Brando) m’a fait vibrer tout autant que la musique de Nino Rota, alors qu’elle relatait « romantiquement » les péripéties criminelles d’un clan mafieux aussi épouvantable que les autres.
Emily Willis Biography 07 2025 (en anglais)
Donc un jour viendra, j’en suis persuadé, où le porno, expurgé de ses scénarios dégueulasses et des comportements infects de certains des participants, trouvera sans tapage sa place parmi les nombreux sous-genres cinématographiques, ceux qu’on aime et ceux qu’on aime moins…
Emily Willis, si elle retrouve la parole, saura en parler objectivement comme le font déjà d’anciennes stars du porno (Brigitte Lahaie, par exemple).
1er octobre 2025
