Khatoun Salma est une poétesse libanaise, auteure de deux recueils : Les Derniers Pensionnaires de la lune (2012) et J’ai enlacé une femme qui attend (2009).
On espère la publication prochaine de son troisième recueil qui serait en préparation. Et aussi la traduction française de ces poèmes.
Car on attend vivement (j’utilise ce mot à dessein) que l’œuvre de cette poétesse soit accessible aux lecteurs ignorant l’arabe. On l’attend d’autant plus que c’est tout ce qui nous restera de Khatoun Salma, qui a été assassinée le 8 avril 2026 avec son mari, par une salve de missiles israéliens sur leur immeuble de Beyrouth, parmi 250 autres victimes civiles le même jour.
Khatoun Salma nous reste présente et vivante pour quelques rares de ses poèmes traduits en français, par exemple celui-ci :
Tout ce vide
Quand le jour m’extirpe
Et que la nuit me reprend comme un soupir
Que reste-t-il
sinon des virgules
et un point ?!
Quand tu t’éveilles à nu
tu arraches le cœur
tu rythmes le pouls
tu scintilles
tu t’embrases
tu demeures toi
et l’autre – tout ce vide
Quand la veille s’épuise
apparaît un être étrange
semblable à l’eau
semblable au feu
Je ferme la porte de la nuit
Je me défais du tissu des pleurs
Larme après larme
J’avance en toi
Et n’y arrive pas
Quand vient le lendemain
des choses en moi se referment
comme des blessures qui cicatrisent
Je comprends
que j’ai été un jour.
17 juin 2026
