Je ne crois pas qu’on puisse affirmer que l’œuvre soit un grand film du point de vue de la réalisation cinématographique d’Anthony Maras.
Il est néanmoins remarquable quant à sa dimension historique et grâce à l’interprétation de ses principaux acteurs.
Son scénario est circonscrit aux 72 heures précédant le débarquement en Normandie de juin 1944.

Le chef de l’opération, le général Dwight D. Eisenhower (Brendan Fraser) a programmé le D-Day le 5 juin, se fondant sur les prévisions météorologiques optimistes de son prévisionniste habituel Irving P. Krick (Chris Messina).
Mais Winston Churchill a fait accepter à Eisenhower que soit désigné comme météorologue principal celui en qui il a toute confiance depuis la bataille d’Angleterre de l’été 1940 : l’Ecossais James Stagg (Andrew Scott) ; or celui-ci a la conviction qu’une forte tempête surviendra le 5 juin de nature à faire échouer le débarquement mais il est contesté avec fougue par le général britannique Bernard Montgomery.
In extremis, Eisenhower décidera de reporter le D-Day au 6 juin.
Le film est réalisé quasiment à huis-clos (il est d’ailleurs fondé sur une pièce de théâtre de David Haig) et vaut surtout pour la peinture minutieuse des personnages, de leurs antagonismes, leurs tensions, leur psychologie, description réputée soigneusement fidèle à la réalité historique.
Alors, tout au long du film, je me suis demandé si le rôle important dévolu à la secrétaire nord-irlandaise d’Eisenhower Kay Summersby, interprétée tout en finesse et humanité par Kerry Condon, était une amplification fictionnelle pour donner un peu de féminisation à cet aréopage de chefs exclusivement masculins, ce qui est bienvenu dans l’intrigue filmique et qui plus est conforme aux aspirations actuelles du public, ou si ce rôle était strictement décalqué de la personne réelle.
Pour l’instant mes recherches dans les matériaux historiques ne me permettent pas d’élucider cette interrogation…
Peu importe : j’ai retiré de ce film une morale allégorique, sans doute délibérément accentuée par le réalisateur : les vérités scientifiques, en matière de climat notamment, s’imposent aux décideurs politique.
13 septembre 2026

