Nul cinéaste ne peut filmer longtemps à Gaza, sinon des journalistes courageux pour de courtes séquences d’information au jour le jour, et encore ; les journalistes qui ne sont pas tués par dizaines par l’armée israélienne ou pourchassés par le Hamas, les milices rivales et adverses.
Alors Anat Even, réalisatrice israélienne, a filmé pendant deux ans ce documentaire avec ses faibles moyens, sur ce qu’elle pouvait observer de là où elle pouvait être : à Nir Oz. Nir Oz est un kibboutz de 400 habitants à la frontière de la bande de Gaza, Anat Even y a vécu et y avait sa maison ; au cœur de l’horreur puisqu’une centaine de ses habitants ont été tués ou enlevés lors de l’attaque du Hamas du 7-Octobre 2023.
Alors Anat Even filme les traces visibles de ce désastre épouvantable, de ces crimes et incendies ; alors Anat Even filme les bulldozers israéliens couverts d’inscriptions menaçantes et qui ne sont pas venus là pour réparer ni reconstruire mais pour raser et détruire ce qui peut encore subsister d’un peu palestinien dans les alentours ; alors Anat Even filme à l’horizon, au loin mais discernables, les incessants assauts du génocide en cours.
Alors nous comprenons, saisis d’effroi, ce qu’Anat Even ne nous dit pas mais nous montre avec évidence : cette guerre détruit leur avenir à tous, Palestiniens et Israéliens.
Echapperont-ils les uns et les autres à cette folie dévastatrice et à cette logique d’anéantissement ? Ce documentaire est soutenu par l’ACAT-France, c’est plus qu’un symbole…
Ah, pour les non-anglophones : collapse signifie effondrement.
9 mai 2026

