2026 01 25 : Le Mage du Kremlin – film

Giuliano da Empoli

Lorsque je vais soir un film tiré d’un livre, j’éprouve toujours la crainte qu’il ne soit pas au même niveau ; et presque toujours je me trompe et suis rassuré.

Je ne vais pas reprocher au réalisateur Olivier Assayas de mêler avec ambiguïté vérité historique et fiction pure, puisque c’est le livre Le Mage du Kremlin de Giuliano da Empoli paru en 2022 qui est ainsi conçu.

.

A tel titre qu’il se range lui-même dans la catégorie roman, qu’il a reçu plusieurs prix du roman, que sa phrase d’introduction est duale : « Ce roman est inspiré de faits et de personnages réels, à qui l’auteur a prêté une vie privée et des propos imaginaires. Il s’agit néanmoins d’une véritable histoire russe. »

Tout commence dans les années 1990 tandis que l’URSS s’effondre. Gorbatchev écarté, ce sont les années de chaos de l’ivrogne Boris Eltsine.

Dans ce tumulte, un artiste-producteur de télé Vadim Alexeïevitch Baranov (Paul Dano) docile second de l’oligarque Boris Berezovsky (Will Keen) devient par hasard le conseiller occulte, imperturbable voire impavide, d’un quelconque agent du KGB : Vladimir Poutine (Jude Law).

Très vite, Baranov (qui aurait été dans la vraie vie le conseiller Vladislav Sourkov) devient un élément essentiel dans les arcanes du pouvoir absolu russe, façonnant magistralement discours, images, perception du nouveau tsar et donc contrôlant de nombreux comparses, complices et zélotes de Poutine puis obtenant des fonctions officielles de haut niveau.

Mais une femme libre, Ksenia (Alicia Vikander) échappe à cette domination…

Alors quinze ans plus tard, après s’être retiré ou avoir été évincé, Baranov parle et révèle (une partie de) ce qu’il sait.

S’agissant d’un film d’Olivier Assayas il est presque superflu d’indiquer qu’il est impeccablement casté, réalisé, photographié, cadré, monté.

25 janvier 2026