Hier soir, causant de tout et de rien (surtout de légers riens et un peu de petits touts) avec une amie journaliste à laquelle j’eus l’honneur de commander trois-quatre piges à ses débuts il y a quelques années, donc encore jeune (ce qui m’est de plus en plus rare, d’avoir des ami-e-s encore jeunes !), nous en vînmes à parler des Gilets jaunes et du très peu de soutien que ce mouvement obtient dans les milieux aisés ou culturels.
Alors elle me glissa en main quatre feuillets, m’invitant à les lire de retour at home, me précisant « je les ai proposés à 17 médias cultureux ou branchés, aucun n’en a voulu, seul un vieux copain a consenti à le reproduire sur son blog ». Alors ces feuillets je les lus bien sûr et je compris encore plus sûr pourquoi ils avaient révulsé les médias cultureux ou branchés. Pamphlet plus féroce et superbement subjectif, jamais tu ne liras !
***
« Il y a deux jours à Paris je me suis retrouvée devant la maison du CAVIAR. Il avait beaucoup de monde devant l’entrée. J’ai réussi à m’incruster. Ça parlait Gilets jaunes et cinéma, pauvreté et privilège, Sans dents et Fashion week.
Il y avait Sandrine Kiberlain qui était avec ce qu’il se fait de pire à Paris, à savoir Emmanuelle Alt. Le diable en personne. La femme qui fait du mal aux femmes et surtout aux jeunes femmes. La dealeuse de corps des temps modernes, l’une des responsables du réchauffement culturel français, bref la patronne de Vogue Paris.
.

Leila Bekhti
Il y avait aussi Leïla Bekhti qui voulait faire croire que c’était une meuf de la street, qu’elle était du côté des pauvres. Au bar de la maison du caviar ! Habillée comme un sapin de Noël, c’était tordant.
.
.
À côté il y avait Michelle Laroque, Mélanie Thierry et Laurent Lafitte et je n’ai pas réussi à déterminer qui avait déjà couché avec qui.
.
.
Virginie Efira et Gilles Lelouche pensaient qu’ils valaient mieux que ce dîner de petites salopes de la fashion. Ils savaient pourquoi ils devaient être là et ça les dégoûtait un peu mais ils étaient au taf.
Toi, tu vas en réunion sous des néons jaunes avec un gobelet en plastique ; eux c’est avec du caviar et une coupe en cristal, mais la mécanique reste la même. Il y a d’un côté les dominés et d’un autre les dominants.

Marion Cotillard
Marion Cotillard a pu négocier ce soir-là un futur contrat avec une meuf qui vend des diamants. J’étais à côté, c’était terrifiant comme discussion. Machiavélique, pornographique et mafieuse. Mais bref, ce n’est pas mon sujet du jour.
.
.

Sydney Toledano
Le pouvoir était du côté de Sydney Toledano. Elles étaient toutes comme des mouches scatophages avec lui. Il avait le pouvoir de les habiller et de les rémunérer. Derrière son dos elles parlaient de lui comme d’une vieille merde mais devant lui c’était un dieu mondain. Un peu comme Weinstein. Même monde. Même méthode.
Bien sûr cet homme est l’un des associés du diable. Regardez ses yeux si vous en avez l’occasion. Vous serez ensorcelées. Il est moins dangereux de passer le week-end dans une cave de cité avec des cailleras ivres mortes que de regarder en face les yeux de cet homme.

Estelle Lefebure
Il y avait aussi Estelle Lefebure qui a encore parlé de ses anciens maris à des meufs qui n’en avaient rien à foutre. Elle avait l’air d’une fille dans un roman de Houellebecq. C’était triste. Pourtant elle avait 30 smics de vêtements sur elle.
Il y avait un mec de Radar Films qui pensait que ça y est, il ne pouvait pas aller plus haut dans l’échelle sociale de la mode et du cinoche. Il était en haut de l’affiche. Une actrice sur deux lui a dit bonjour. Son zizi tremblait dans son beau costume lisse. Il était avec une fille très prétentieuse du magazine Elle. Une fille à particule. Le genre à jalouser toutes les actrices et mannequins. Une associée du diable aussi. Une vampire du troisième âge. Une suceuse de jeunesse.
Finalement les plus drôles et les plus vivantes c’était les trois sœurs au branding similaire, Camélia Jordana, Aure Atika et Aurélie Saada. Ce n’était pas les moins intelligentes sauf à médire et ce n’est pas mon genre, mais surtout elles avaient l’avantage de me sourire honnêtement.

Ana Girardot
Un peu comme Ana Girardot qui m’a touchée en me disant qu’elle voulait faire plus de films d’auteurs, mais qu’on lui proposait plus de plan cul que de plan cinoche intello nouvelle vague. C’était sincère et un poil angoissé.
.
.
.
.
.
.
J’ai vu aussi Michel Denisot et Renaud le Van Kim. L’un avait pris le pouvoir sur l’autre. Michel était vieux. Très vieux. Il est encore là mais plus pour longtemps. Renaud le sait. Il agit en samouraï. Il avait un pull pourri pourtant c’est lui qui leur prenait le plus de blé. Il allait prendre la place sociale de celui qui l’avait fait. C’était amusant à voir. Des faux copains que les putes appelaient les bosses. C’était très drôle. Leur ego était aussi boursoufflé que les bouches qui leurs disaient qu’ils étaient les meilleurs à Paris. Tout était faux du sol au plafond. J’étais donc comme chez moi.

Marc Simoncini
Le plus lubrique et le plus dégueulasse, parce que se prenant pour un petit marquis parisien était Marc Simoncini. Le mec qui fait croire qu’il a une idée à la seconde alors qu’il n’a jamais vraiment eu un concept original de sa vie à part être plus ou moins copain avec Xavier Niel. Il ne voulait pas vieillir. Encore moins mourir. Alors il a essayé un nouveau coiffeur et de nouveaux vêtements tendance, plus dans le coup. Histoire de ne pas faire pitié quand il va sur des yachts l’été avec des filles plus jeunes que lui.
Ce soir-là, il a fait une blague sur les Gilets jaunes et sur ses cheveux, tout le monde était gêné pour lui. On dirait un modèle de mannequin Dessange, un Laurent Delahousse low cost. Il n’a plus besoin de travailler alors il était là. Pour passer le temps. Passer l’ennui. Mater des meufs dans un restaurant où le pot de caviar coûte le salaire mensuel d’une serveuse reste plus rigolo que de se faire chier seul devant sa télé, écroulé dans son canapé de milliardaire à harceler des filles qui ne vous répondent jamais. Mais encore une fois, là n’est pas le sujet.

Stéphane de Groodt
Pas très loin de lui, il y avait Stéphane de Groodt qui se prenait pour Stephan Sweig attablé avec des veilles femmes boxées au botox qui apparemment avaient toutes le même chirurgien.
.
.
.
.

Jean-Paul Rouve
Jean-Paul Rouve a quant à lui essayé de se prendre pour Jean-Paul Sartre mais il a eu moins de succès. La bourgeoise ne l’aime pas trop. Trop vulgaire pour elle. Pas assez art contemporain. Imprésentable à certaine table. Enfin c’est ce que m’a raconté l’attachée de presse en arrivant.
.
.
.

Audrey Marney
J’ai rencontré aussi une certaine Audrey Marney se présentant comme artiste et je n’ai toujours pas compris en quoi…elle était « artiste ». Peut-être parce qu’elle publie beaucoup de photos d’elle sur Instagram. Mais passons.
.
.
.
.

Sarah Lavoine
Un peu comme Sarah Lavoine très orgueilleuse ce soir-là, et jamais loin d’Emmanuelle Alt sa copine à la ville comme à l’enfer.
.
.
.
.
.
.
Il y avait aussi ceux qui sont en train de sortir du système, que les producteurs appellent moins, alors ils sortent plus, pour montrer qu’ils existent, qu’ils ont quelque chose à dire de sérieux. Oui, Elsa Zylberstein et François Xavier Demaison étaient là aussi.
.
.
Comme Karine Viard et François Berléand. Ce dernier avait un peu honte d’être dans cette Maison du Caviar. Sa chemise parlait pour lui. Son pull aussi. Une salope de Vogue a fait la réflexion à sa copine. Alors je le note.
.
.
.Zoé Félix était la plus chaude et la plus câline. Jérôme Commandeur l’avait bien compris. Il voulait être nu sur ou sous elle.
.
.
.
.
Tahar Rahim et Jonathan Cohen étaient les seuls mecs drôles et presque normaux. Ils savaient au moins qu’ils étaient maintenant dans la nouvelle élite mondialisée.
.
.
.

Mademoiselle Agnès
Leur seule erreur, ce soir-là, avoir passé du temps avec Mademoiselle Agnès. La Jeanne Calment de la fashion. L’estropiée des défilés. La moquerie de la télé.
.
.
.
.
.
.

Marie Ange Casta
Heureusement, Marie-Ange Casta était vraiment très belle. C’était un vase Ming. Personne ne peut la toucher. Elle est solaire. D’une beauté hors de la mêlée. Marion Cotillard a dit un truc ignoble sur elle que je ne peux même pas relater ici, c’est dire. Ah la jalousie ma pauvre Marion…
.
.
.
.
.

Isabelle Adjani
Pas loin d’elle, Isabelle Adjani était comme en deuil. Elle avait un voile noir sur les yeux. Je ne savais pas si c’était pour cacher son âge ou sa tristesse.
Tout ce petit bordel était payé à la fois par Renault, les parfums Givenchy, Moët & Chandon et Belvedere.
.
.
Jean Picon
Le DJ était un mec moyen qui s’appelle apparemment LeAm ; et le photographe toujours le même, je l’avais déjà vu au prix de Flore, était Jean Picon. Il en avait probablement niqué une ou deux dans l’assemblée mais il avait l’air aussi triste que tous ceux qu’il prenait en photo.
Ce dîner était évidemment privé. Aucun gilet jaune ne pourra jamais se l’offrir. C’était juste avant qu’ils reviennent dans la capitale pour le neuvième samedi consécutif salir leur immeuble à 18 000 € le mètre comme ils disent.
Ils étaient tous très inquiets parce que LVMH avait décalé le défilé Dior à cause de ces pourritures de pauvres. Ces crevures qui empêchent le vêtement de vivre sa vie.
J’ai tout de même entendu « une pièce haute couture de chez Dior c’est quand même plus important pour l’image française que Jacky et son taxi non ? » Avec un rire diabolique pour souligner le côté blagounette de la pensée, au cas où une oreille comme la mienne trainerait là.
Après ça je me suis tirée.
J’ai quand même pu voler du caviar et une bouteille de vodka lumineuse dans mon sac à main. Je n’avais jamais mangé de caviar. Encore moins en marchant dans la rue. Sur un trottoir de la capitale. En fait je n’aimais pas. C’était pire que les œufs de lump. Mais ça me permis de conclure ma soirée avec cette pensée : en fait cette bande culturelle mafieuse est aux Gilets jaunes ce que les œufs de lump sont probablement au caviar. »
****
Quant à moi je songe, non sans une légère satisfaction vénielle ou puérile, que mon amie journaliste pourra dire, lorsqu’elle invitera quelque tierce personne à lire son libelle « je l’ai proposé à 17 médias cultureux ou branchés, aucun n’en a voulu, seul DEUX vieux copains qui ont consenti à le reproduire sur leur blog »…

***
