2026 09 28 : Grazia Deledda – Le pays sous le vent

Si j’ai lu ce livre en 2018, c’est pour l’avoir vraiment décidé et m’être tenu à cette volonté.

A l’époque je fréquentais épisodiquement une brasserie où se réunissaient et discutaient des amoureux ou simplement amateurs de la littérature Italienne, classique ou contemporaine. La plupart du temps les débats étaient passionnants, enrichissants ; quelquefois je peinais à les suivre s’agissant d’auteurs que je n’avais jamais lus.

Or donc un jour je venais d’acheter ce livre Le pays sous le vent et j’en informai mes voisins de tablée… Patatras ! La réaction de tous (certains toutefois gardèrent le silence) fut négative :

« l’œuvre abondante de Grazia Deledda (1871-1936) a mal vieilli ; elle se vit certes décerner le prix Nobel de littérature 1926 mais le Nobel ne vient pas toujours récompenser des écrivains exceptionnels et inoubliables ; elle ne fut même pas féministe ; et en outre ce petit roman est l’un de ses moins intéressants… »

Bref, j’aurais dû sans l‘ouvrir remiser ce livre sur l’une des plus hautes étagères de ma bibliothèque… mais quiconque me connait aura deviné que je ne le fis pas. Je le lus.

Pire encore je viens de le relire !

L’intrigue certes est banale : une jeune Sarde, Nina, s’éprend secrètement d’un flamboyant Gabriele qui s’éclipse comme il est apparu. Elle acquiesce alors à un mariage de raison avec un petit notable de la ville. Elle reporte sa sentimentalité et son romantisme sur des visions imaginaires, sur la nature et la campagne, et se laisse gagner par le regret puis par des rancunes négatives…

Effectivement, cet ouvrage n’a pas la portée magistrale que d’autres romancières, contemporaines (Natalia Ginzburg, Goliarda Sapienza), ou plus tardives (Dolores Prato, Elsa Morante) ou actuelles (Michela Murgia, Milena Agus, Silvia Avallone) sont parvenues à donner aux leurs. Mais Le pays sous le vent est clair, limpide, il nous fait bien ressentir les mentalités de l’époque et la sociologie de sa classe.

Donc, à l’occasion, je lirai d’autres romans de Grazia Deledda.

28 septembre 2026