2021 11 15 : Prix Wepler – Fondation La Poste

Ce soir là au Wepler, place de Clichy, il y avait du monde…

Vous me direz, tous les soirs il y a du monde au Wepler. C’est exact : l’institution a résisté aux confinements et aux jauges et autres tracas pandémiques, son personnel et ses clients aussi.

Donc ce soir là 8 novembre il y avait, je le répète du monde… mais pas le monde habituel.

Oh certes pas du « beau monde » comme on dit, les gens « de la haute » comme on disait jadis, les VIP comme les épellent les dindes de Thanksgiving… Car cet hyper-monde on ne le voit pas au Wepler ; l’y a-t-on jamais vu ? Il se confine depuis toujours dans des repaires où le passe n’est pas sanitaire mais numéraire et clubinaire.

Donc ce soir là il n’y avait ni les importants de la banque, ni les considérables du négoce, mais les artisans et les communicants de l’édition ; car allait être décerné, comme chaque année à pareille époque, le Prix Wepler – Fondation La Poste.

La soirée débuta avec quelques chansons de Keren Ann, c’était donc d’excellente augure pour la suite.

Certes l’augure ne tient pas toujours ses promesses, mais les circonstances y aidèrent : c’est qu’il y avait ce soir là ‑ je rabâche ‑ du monde mais moins que les autres années, contexte pandémique oblige.

Et ce fut mieux, l’assistance moins pressée pouvait se mouvoir à son aise ; le niveau sonore était supportable ; nous étions débarrassés des sempiternels pique-assiettes qui, comme dans tout événement, ne viennent que pour se goberger et s’impatientent visiblement pendant les allocutions et décernements, lorgnant déjà vers buffets et buvettes.

Et le choix du jury surtout y contribua : car comme souvent (c’est l’un des prix littéraires les plus constamment sûrs que je connaisse), les deux lauréats furent primés pour des romans captivants :

Antoine Wauters pour Mahmoud ou la montée des eaux

et la mention spéciale à Laura Vazquez pour La semaine perpétuelle

mais chut j’en reparlerai bien sûr plus tard.

Et le personnel du Wepler, moins débordé que les années précédentes, pu participer à la fête et de belle manière ; c’était surprenant et agréable de voir les unes et les autres moins hiératiques et compassés que dans leurs fonctions habituelles obligées.

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Nous eûmes aussi le plaisir d’être rejoints par le prix Goncourt Mohamed Mbougar Sarr, ce qui ne m’étonna pas vraiment, non seulement parce que son roman figurait dans la liste des nominés, mais aussi parce que La Plus Secrète Mémoire des hommes évoque sans la nommer la brasserie de la place de Clichy comme lieu de prédilection et de rendez-vous d’un de ses personnages… mais chut j’en reparlerai aussi plus tard.

La direction du Wepler me fait l’honneur, depuis deux lustres, de m’inviter à l’évènement, moi qui ne suis ni écrivain ni éditeur.

Et je lui suis plus encore reconnaissant de m’autoriser ces soirs-là à passer derrière le comptoir pour collaborer au service des invités auprès de mes amies et amis serveurs attitrés.

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En toute fin de soirée, je fus même autorisé à pénétrer dans un lieu sanctuarisé où, en 50 ans de fréquentation assidue, je ne m’étais jamais, non jamais, insinué : la cuisine !

15 novembre 2021

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Keren Ann – Jardin d’hiver