2018 04 25 : Mme Judith, femme de tête

Houlà ! Je m’en souviendrai de la Journée de la Femme 2018 ! Pour contribuer comme il convient à cette commémoration, à cette lutte, à cette noble mission, j’avais posté le beau ruban blanc que voilà.

Mais je commis aussi l’irrémédiable imprudence de donner la parole à une femme, féministe pourtant et depuis longtemps, qui voulut par souci d’objectivité me prouver, tableaux du quattrocento à l’appui, que le harcèlement féminin existait aussi et que Noli me tangere restait un slogan d’actualité.

Artemisia Gentileschi

Que n’ai-je reçu de réactions courroucées voire vindicatives après cette communication téméraire : vingt, trente peut-être, je n’ai pas compté.

Alors il m’a semblé nécessaire de me racheter et pour rester dans l’époque italienne susmentionnée, j’ai résolu de vous parler d’une belle figure féminine, douce, positive : Mme Judith.

Mme Judith vécut à Bethulia, bourg fortifié voisin de Naplouse en Palestine vers 600, mais attention, hein, 600 avant J-C

Mme Judith était une femme de caractère, solide et une forte tête sur ses épaules, qui savait prendre les bonnes décisions quand il fallait pour trancher dans le vif sans tergiverser.

Caravage

Mme Judith était une femme jeune mais déjà éprouvée par le sort : veuve à 30 ans, convoitée par tous les célibataires attardés car d’une grande beauté, elle les regardait avec dédain.

Si belle d’ailleurs qu’elle figure depuis des siècles la Dame de cœur de nos jeux de cartes.

En ces temps-là, déjà troublés, déjà là-bas certains despotes sont méchants de père en fils : un certain roi d’Irak Nabuchodonosor II, le fils du I (un peu comme Bachar est le fils d’Hafez) veut annexer le royaume de Judée et déclenche l’expédition d’une puissante armée commandée par le général quatre étoiles Holopherne.

Cristofano Allori

Mme Judith avait ses têtes : scandalisée par la couardise de ses compatriotes béthuliens prêts à se rendre et à devenir vassaux, elle décida d’ourdir un stratagème pour briser le siège engagé par le Major Holopherne.

Mme Judith, je l’ai évoqué, était belle, parfaitement sublime disent la chronique, la Bible, Dante, Shakespeare, Giraudoux et tous ses admirateurs :  dotée d’un très beau port de tête et le reste à l’avenant ; avenante donc et qui avait du tempérament.

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Lucas Cranach

Alors elle s’apprête, se farde, se parfume, revêt ses plus fines dentelles et ses plus aguichant atours et demande un rendez-vous, happy hour, puis dinner date et davantage si affinités, dans le dessein de faire perdre la tête au matamore Holopherne qui, lui, aspire à un petit repos du guerrier et à quelques délices de Bethulia.

La suite, vous la devinez… Comme quoi la subtilité féminine peut vaincre les soudards avinés plus efficacement que les batailles rangées.

Mme Judith, Mme Tosca, même combat !

25 avril 2018

P.S. : des enfants pouvant se risquer à consulter ma rubrique historico-picturale, je n’ai reproduit ci-dessus les plus beaux portraits de Mme Judith qu’en extraits. Mais je dois à la soif de culture artistique des adultes avertis de leur exposer ci-dessous les tableaux non recadrés. Charmant, n’est-ce-pas ?

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