2017 07 20 : Télérama : Fart Proudly ?

Des amis, osant affronter mon courroux, me demandent depuis des mois pourquoi souvent je brocarde Télérama dans mes petits billets cinématographiques.

Sommé de répondre, mis en demeure, assiégé de suspicion, soumis à la question ordinaire et extraordinaire, me voilà contraint de passer à l’aveu, sincère et en conscience.

Si j’ai lentement mais sûrement expié mes péchés de jeunesse, j’en pratique encore un et, circonstance aggravante, avec exultation : non, non, non, je n’ai pas changé mon anti-téléramisme primaire.

Lequel remonte à 40 ans bientôt : alors je trouvais un peu suspect ce Télérama conciliant l’indulgence miséricordieuse pour les régimes maoïstes, cubains ou tiers-mondistes (dont même moi je m’étais dessillé près de dix ans plus tôt) avec une audace millimétrée en littérature et culture…

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Donc ma disjonction d’avec Télérama survint en 1981. N’y voyez pas l’impact de l’intronisation de François Mitterrand, que d’ailleurs l’hebdo-catho-de gauche ne tenait pas en odeur de sainteté, malgré qu’il flottât en état de grâce.

Non, cette année-là Télérama, l’hebdo-de-classes (quand j’énonce classes, ce n’est pas à la lutte d’icelles à laquelle je pense, mais aux forts bataillons d’enseignants qui lisant ce bréviaire aspiraient à refaire le monde), Télérama donc, un jour, avait solennellement tonné, à propos d’un film :

La Soupe aux choux « commise par Jean Girault qui signe là un film nauséabond. Il respire la bêtise et la gauloiserie malsaine. À éviter. »

Du coup, je commençai d’éviter cette feuille… de chou qui continue ne varietur d’excommunier ce film, puisqu’en 2013 : « il ne nous reste plus que le silence pour exprimer notre affliction » persévère l’hebdo sévère.

Certes, le film n’est pas accessible au pardon, acumoncelant les péchés contre l’élévation spirituelle : les tristes héros fument, picolent, gaudriolent, lorgnent les filles, et en outre, hélas, lâchent des pets en rafales sonores et redondantes.

Des pets !

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Incontestablement, dans l’acmé de répulsion olfactive qui s’ensuivit, dans la bouffée d’indignation nasale qui s’éleva, Télérama ne fut pas singulier : quand viennent odeurs fétides et vents mauvais, le frémissement de narines est universel et donc Le Monde aussi pinça le nez, ce fut en nasillant qu’il livra sa critique consternée.

C’est que chez ces gens-là, Monsieur, on était, on est, on demeure large d’idées, ouvert d’esprit, à l’avant-garde de la novation dérangeante, gourmand de remises en cause, amateur de contestations salutaires…

Mais quand de Funès et Carmet flatulent, la tolérance recule. Le laxisme bravo ! Le laxatisme haro !

20 juillet 2017

 

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