Jadis rédacteur en chef d’un magazine hospitalier je m’indignais dans un édito de février 2012, étude d’une sociologue à l’appui, de la manière dont notre Union Européenne traitait la Grèce :
« La Grèce humiliée ! Berceau de notre civilisation parait-il supérieure ; patrie d’Hippocrate, père de notre médecine ! Quel symbole…
« Le désastre en santé publique est indiscutable : en médecine de ville, allongement des délais d’attente ; augmentation de 20 % des maladies infectieuses, de la toxicomanie, des suicides ; recours exponentiel aux « cliniques de rue » gérées par des ONG. La désintégration du secteur public de la santé est à l’œuvre ; endetté, corrompu, gangréné par la mauvaise gestion et touché de plein fouet par les mesures d’austérité ; le budget et les subventions accordés aux hôpitaux sont en chute libre. » (Amélie Poinssot, Grèce. Un système de santé en crise, P@ges Europe, 16 janvier 2012 – La Documentation française DILA). »
Trois ans plus tard, en juillet 2015, je rappelais aux oublieux cette trahison européenne :
« Mme Merkel, dans l’affaire grecque, face aux souffrances de ce peuple, fut la gardienne d’une inflexibilité dictée uniquement par la froide logique financière. »
Alors je voyais hier soir le film de Penny Panayotopoulou dans lequel Costas (Giannis Karampampas) agent de sécurité dans un hôpital public se laisse entraîner dans une arnaque pour faute médicale fictive. Car Costas est pris à la gorge par de gravissimes difficultés financières. Et l’on nous montre un système hospitalier qui hélas, treize ans plus tard, reste livré au marasme et à la corruption.
Ce film est d’une force impressionnante, servi par des acteurs d’une sobriété éloquente.
En sortant du cinéma, je ressentais la même colère éprouvée jadis envers la plupart des dirigeants européens, serviles devant le libéral-capitalisme financier dictant sa loi inhumaine ; dirigeants européens de l’époque… mais les actuels sont semblables ou peut-être pires encore.
23 août 2025

