Livre : L’Hôpital Pasteur de Poitiers – 300 ans au service des malades

Un très beau livre

Les hôpitaux de Poitiers tournèrent une page importante de leur histoire en 2011 avec le déménagement des derniers patients de l’hôpital Louis-Pasteur vers la Milétrie.

Devant ce site historique, comment ne pas évoquer, comment oublier Grignion-de-Montfort, les petites maisons hospitalières de la rue Cornet , le grand prieur d’Aquitaine L’Emery d’Echoisy ? L’ouverture de l’hospice des pauvres incurables en 1748. La congrégation des filles de la Sagesse, dirigeantes et soignantes des corps et des âmes de 1758 à 1979. Le Dr Léon Fouks et le 4560 RP le premier neuroleptique. Le Dr Tony Lainé et la psychothérapie institutionnelle. Mais aussi, le suburbium de la ville romaine de Limonum, l’abbaye bénédictine Saint-Cyprien, la Magnanerie, le couvent des dominicains, la caserne dite des dominicains…

Plus proche de nous, comment ne pas garder en mémoire l’évolution de la prise en charge des personnes âgées, les progrès de la médecine gériatrique et les grandes opérations d’humanisation des lieux d’accueil et d’hébergement des années 1970-1980 ?

L’histoire de ce site devait être gravée dans le marbre du temps et ce fut l’objectif du CHU de Poitiers et de l’Association Jours de Fête, de Pasteur à la Milétrie de célébrer toutes celles et tous ceux qui ont vécu et travaillé en ces lieux, dont la vocation aura toujours été, depuis trois siècles, d’héberger et de prendre soin des plus vulnérables.

Un nouveau quartier est en train de naître depuis mai 2011 sur les sept hectares entre le pont Neuf et le pont Saint-Cyprien, dans ces lieux extraordinaires, témoins de deux mille ans d’histoire poitevine. De nouvelles structures poursuivront la vocation d’origine, en hébergeant de nombreux résidents âgés, dans deux établissements public et privé. Ceux-là côtoieront des étudiants du CROUS d’un côté, des familles avec enfants de l’autre, au sein d’un petit village avec des véritables rues et un vaste jardin public, idéalement placé au bord du Clain, cette belle rivière.

C’est une page poitevine qui se tourne irrémédiablement, en laissant derrière elle des périodes parfois difficiles pour les malades et pour les soignants, mais aussi un parfum de nostalgie à tous ceux qui, dans cet espace de vie, ont donné tant d’années de leur activité professionnelle. Il n’y a plus d’incurables…

Gérard Simmat
mai 2011 – 158 pages – 35 €
Editions CHU de Poitiers
350 avenue Jacques Cœur BP 577
86021 POITIERS CEDEX