2025 11 28 : La Voix de Hind Rajab – film

La réalisatrice tunisienne Kaouther Ben Hania nous livre ici un film (pour employer un terme plus précis : un documentaire-fiction) terrible et terrifiant.

Hind Rajab : vous avez sans doute oublié ce nom car c’est celui d’une victime parmi et avant des dizaines de milliers d’autres. C’est une petite fille de Gaza.

Le 29 janvier 2024 sa famille fuyait son quartier lorsqu’un char de l’armée israélienne tira sur leur voiture, assassinant la tante, l’oncle, ses quatre cousins puis sa cousine de 15 ans. Hind Rajab était l’unique survivante et, par un téléphone resté en ligne avec le Croissant-Rouge, elle exprima son effroi et ses appels au secours 70 minutes durant, avant d’être finalement tuée par l’armée israélienne. Une ambulance fut envoyée la secourir, mais fut visée à son tour par les fascistes sionistes, deux secouristes du Croissant-Rouge furent tués et pas par hasard : les criminels savaient sur qui ils tiraient ; ils ont tiré 335 fois.

Ce film est parmi les très rares documents cinématographiques qui resteront des décennies dans les mémoires par sa rigueur, sa puissance, sa portée exceptionnelle, son témoignage implacable et éloquent de ce que font les massacreurs, les génocidaires…

Et c’était au début de 2024 : combien d’autres épouvantables assassinats d’innocents ont-ils délibérément commis depuis ? 50 000, 60 000, 70 000 ? On n’ose croire aux chiffres pourtant communiqués par les organisations internationales et humanitaires sur place. Netanyahou nie ces chiffres comme il avait nié le déroulement du massacre du 29 janvier 2024, jusqu’à ce que l’authentification technique et géo-satellitaire des enregistrements le réduise au silence.

Nous sommes saisis d’effroi, car si nous ne voyons aucune image violente, la bande sonore nous fait entendre les enregistrements réels de la voix de la fillette. Cette voix, nous l’entendrons durant des décennies. Et nos gouvernements occidentaux eux, n’en ont pas, de voix, pour condamner l’assassin Netanyahou pourtant inculpé par le TPI ; nos gouvernements murmurent à peine leur « préoccupation » mais s’indignent de l’attitude « agressive » de ceux qui résistent à la barbarie.

Notre complicité, car s’en est une, est sévèrement jugée par 140 pays du reste du monde ; elle ruine ce qui restait de la crédibilité de notre civilisation « humaniste des Lumières ». Notre occident le paiera cher ; s’ajoutant à ses multiples crimes colonialistes des siècles derniers, ce point d’orgue infâme nous entraîne irréversiblement dans l’abîme du mépris universel.

L’humanisme est du côté des Palestiniens, de Hind Rajab, de Kaouther Ben Hania, de toutes celles et ceux qui par le monde en sont solidaires ; ce sont les plus nombreux et ils imposeront leur Renaissance.

28 novembre 2025