2025 11 19 : Musée Jacquemart-André : Georges de La Tour ressuscité

Nélie Jacquemart Autoportrait

Me voici venu encore une fois au musée Jacquemart-André : on ne peut se lasser de visiter ce magnifique écrin de somptueuses œuvres d’art et objets historiques, ouvert au public par la volonté de ses remarquables créateurs, Mme Nélie Jacquemart et son époux Édouard André, qui en fin du XIXe siècle le firent construite, l’aménagèrent, lui consacrèrent leur vie et leur sens artistique. Et fait plus rare et remarquable encore, à son décès en 1912 Nélie laissa un testament léguant l’hôtel particulier et son contenu à l’Institut de France pour qu’il devienne un musée ouvert au public.

Pour que notre bonheur soit encore plus grand, depuis dix ans le nouveau conservateur Pierre Curie, qu’il faut saluer à la mesure de sa compétence, poursuit et amplifie la politique artistique de son prédécesseur, Nicolas Sainte Fare Garnot, en nous proposant environ deux fois par an une exposition temporaire ; actuellement donc, jusqu’au 25 janvier 2026, Georges de La Tour, entre ombre et lumière.

Édouard André par Franz Xaver Winterhalter

Georges de La Tour ! Né en 1593 à Vic-sur-Seille et mort en 1652 à Lunéville… et moi qui vécus jusqu’à mes 19 ans à Nancy, donc à moins de 20 km de ces deux sites, je ne le connus que très peu : 3 ou 4 toiles au Musée Lorrain. Le lycée où je me fis remarquer en seconde, première et terminale se nommait Lycée Beauregard et pas encore Lycée Georges de La Tour.

Il est vrai qu’à l’époque sa célébrité commençait à peine à surgir. Elie Faure, dans son Histoire de l’art, ne cite que deux fois son nom dans un dossier annexe de 1935 [1] en ayant découvert un de ses tableaux à une exposition à l’Orangerie en 1934-1935. Seuls deux écrivains (René Char et André Malraux) le citent avec admiration dans les années 50.

Ce n’est qu’en 1972 (j’avais quitté la Lorraine) que l’Orangerie lui consacra une rétrospective exposant 13 tableaux sur la quarantaine existant encore (on estime qu’il en avait réalisé dix fois plus…). La seule exposition réunissant plus largement son œuvre fut celle du Prado de Madrid en 2016 (31 tableaux).

C’est dire que la présentation actuelle à Jacquemart-André est absolument exceptionnelle !

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Et puisqu’après deux heures consacrées à la contemplation dans ce musée hors du temps, il faut redescendre sur terre, je veux dire en sortir, à chaque fois que je redescends aussi les marches du patio, je me sens agressé : car en face, un immeuble bouche le panorama juste derrière la belle rotonde. Un urbaniste barbare a donc un jour accordé le permis de construire aux maître d’ouvrage et maître d’œuvre de cette horreur. Ce doit être, je le parierais, l’immeuble d’une organisme financier ou capitaliste pour lequel Jacquemart-André ne représente rien…

19 novembre 2025

[1] Elie Faure, Histoire de l’art, L’art renaissant, éditions Folio essai 1986 page 452

Georges de La Tour : Vielleur à mi-corps (D) MBA de Belgique

Georges de La Tour : Vielleur à la sacoche 1625 M Charles Friry Remiremont

Georges de La Tour : Veille femme 1624 MBA San Francisco

Georges de La Tour : Veillard 1625 MBA San Francisco

Georges de La Tour : Tête de femme (D) 1646 M départemental Vic-sur-Seille

Georges de La Tour : Sainte Anne trinitaire Le Nouveau-né 1640 MBA Rennes

Georges de La Tour : Saint Jude Thaddée 1620 M Toulouse-Lautrec Albi

Georges de La Tour : Saint Jacques le Mineur 1620 M Toulouse-Lautrec Albi

Georges de La Tour : Job raillé par sa femme 1625 M Art ancien et contemporain

 

Georges de La Tour : Saint Thomas 1625 Louvre

Georges de La Tour : Saint Sébastien soigné par sainte Irène 1649 Louvre

Georges de La Tour : Saint Philippe 1624

Georges de La Tour : Saint Joseph charpentier 1645 Louvre

Georges de La Tour : Saint Jérôme pénitent à l’auréole 1624 M Grenoble

Georges de La Tour : Saint Jérôme dans le désert 1624 National M

Georges de La Tour : Saint Jean-Baptiste dans le désert 1651 M départemental Vic-sur-Seille

Georges de La Tour : Saint Grégoire 1630

Georges de La Tour : Saint André

Georges de La Tour : Reniement de saint Pierre 1650 M Nantes

Georges de La Tour : Paysans mangeant des pois Gemäldegalerie Berlin

Georges de La Tour : Madeleine à la veilleuse Los Angeles County M of Art

Georges de La Tour : Madeleine à la veilleuse 1640 Louvre Lens

Georges de La Tour : Les larmes de Saint-Pierre 1645 Cleveland M of Art

Georges de La Tour : Le Vielleur MBA Nantes

Georges de La Tour : Le Vielleur au chien M Mont-de-Piété Bergues

Georges de La Tour : Le Vielleur 1610 Prado Madrid

Georges de La Tour : Le Tricheur à l’as de carreau 1635 Louvre

Georges de La Tour : Le Souffleur à la pipe 1646 Tokyo Fuji MBA

Georges de La Tour : Le souffleur à la lampe 1640 MBA Dijon

Georges de La Tour : L’adoration des bergers 1645 Louvre

Georges de La Tour : La Diseuse de bonne aventure 1635 Metropolitan M of Art New York

Georges de La Tour : Joueurs de dés 1650

Georges de La Tour : Découverte du corps de Saint Alexis

Georges de La Tour : Femme à la puce 1632 M historique lorrain Nancy

Georges de La Tour : Madeleine à la veilleuse 1640