2025 10 04 : Un simple accident – film

Je le dis sans tergiverser : Un simple accident est un chef-d’œuvre.

Mais un film Palme d’or au Festival de Cannes peut-il ne pas être un chef-d’œuvre ? Fichtre oui ! J’en ai connu (une minorité il est vrai) que sitôt j’ai vus sitôt j’ai oubliés.

Mais un film de Jafar Panahi peut-il ne pas être un chef-d’œuvre ? Alors là non ! Les trois que j’ai déjà vus (sur une douzaine il est vrai) je les ai qualifiés de la sorte.

Comme on le devine, Panahi place l’intrigue dans l’Iran d’aujourd’hui, l’Iran du régime détestable des mollahs qui n’a cessé de le persécuter, l’emprisonner, l’assigner à résidence, lui qui n’a jamais voulu s’exiler.

Eghbal (Ebrahim Azizi), apparemment simple quidam, voyage en auto avec sa femme enceinte et sa petite fille, mais un simple accident et une banale panne en pleine nuit l’obligent à trouver un garage. Or le mécanicien Vahid (Vahid Mobasseri) croit reconnaître à sa démarche son ancien bourreau ; il le suit, l’enlève dans le dessein de le liquider, mais ce père tranquille nie farouchement…

Le doute alors s’installe et incite Vahid à aller à Téhéran demander l’avis de Shiva (Maryam Afshari) et de son amie Golrokh (Hadis Pakbaten), qui furent emprisonnées et torturées en même temps que Vahid.

Qu’elle est douloureuse la frontière entre le bien et le mal, entre la culpabilité et l’innocence, le désir de justice et la soif de vengeance, la conviction et le doute, la punition et le pardon !

Le film est une fable au sens où une fable se conclut toujours par une morale, que je ne divulgâcherai bien sûr pas.

S’agissant de Panahi, est-il besoin de préciser que l’image est superbe, le propos subtil, l’ironie toujours présente ?

4 octobre 2025