2023 10 07 : Nicolas de Staël – Musée d’Art Moderne de Paris

Après les quelques années de succès de la fin de sa vie puis après sa mort en 1955, Nicolas de Staël était peu à peu retombé dans un certain oubli. Je me souviens d’avoir, adolescent, acheté le numéro de la revue hebdomadaire bon marché Chefs-d’œuvre de l’art, grands peintres, qui lui fut consacré en 1968 ; quand j’en parlais autour de moi personne ne le connaissait et je n’ai pas souvenir d’avoir vu ses tableaux dans les galeries de la rue de Seine ou d’ailleurs.

Il fut célébré parcimonieusement : une rétrospective l’année suivant sa mort, déjà au Musée d’Art Moderne, puis en 1981 au Grand Palais, puis en 2003 à Beaubourg – Georges-Pompidou.

En 1985, j’étais allé me « recueillir » à Antibes devant la maison du balcon de laquelle il s’était suicidé.

N’ayant vu que quelques dizaines de ses œuvres j’ignorais qu’il en avait peint plusieurs centaines.

C’est dans les années 1990 que l’engouement pour Nicolas de Staël va resurgir et les expositions se multiplier.

Les critiques et connaisseurs d’emblée furent divisés : les uns pour reconnaître son génie et sa capacité expressive : d’autres et pas des moindres pour le dénigrer en lui reprochant, en particulier, de ne pas avoir un style mais plusieurs, passant, au gré de son inspiration, des couleurs sombres aux teintes claires ; des compositions en blancs, noirs et gris à une débauche de couleurs vives ou de pastels ; de l’abstraction au figuratif ; des formes géométriques aux contours subtils, des petits formats et portraits intimistes aux tableaux immenses, des personnages en mouvement aux natures mortes, d’une matière pâteuse en couches épaisses à des dilutions fluides.

Et c’est cela justement à mon sens qui signe son génie : la diversité des formes et le refus de toute école ou tendance immuable : il se revendiquait en « évolution continue ».

Cette magnifique exposition au Musée d’Art Moderne, qui rassemble une sélection en ordre chronologique d’environ 200 tableaux, dessins, gravures, montre le génie de Nicolas de Staël mieux que tout discours superflu, et donc je m’interromps là : courrez-y c’est jusqu’au 21 janvier 2024.

 

7 octobre 2023