2019 10 01 : Greta Thunberg, in cauda venenum

Je reviens sur le cas Greta Thunberg,  puisque c’est ainsi que certains continuent à la désigner, notamment dans les allées du pouvoir où l’on adore cajoler des figures de la « société civile »… tant qu’elles la bouclent ou n’énoncent que des banalités sur le terrain politique, qui est leur chasse bien gardée.

J’y reviens, car un petit murmure dégueu se réitère trop souvent pour n’être qu’une coïncidence : Greta est une femme, une jeune femme, donc fragile (mentalement vous l’aurez compris) donc naïve, qui n’y connait rien aux choses sérieuses que sont la mécanique de la politique et la virile confrontation des rapports de force. Et, plus suggéré parce que plus croustilleux : c’est une vestale, donc vierge aux choses de la vraie vie ; voire impubère, donc pas complètement finie…

Près de deux ans après l’explosion du mouvement Me too, il y a donc encore des salopards [i], soft mais réels décalques d’Harvey Weinstein, pour polluer ainsi un débat combien décisif !

Certes, en mode mineur, car ils proclament vénérer les icônes Marie Curie, Simone Veil, Olympe de Gouges, Mère Teresa, Françoise Sagan, etc… mais parce qu’elles, elles sont des égales de l’homme… à leur idée à eux, selon leur conception à eux.

Ces ersatz de Weinstein abandonnent donc les formes grossières et caricaturales (et enfin, enfin, pénalement répréhensibles) du sexisme, mais pas son essence.

J’aurais donc voulu leur répondre que pour eux, encore et toujours : « La femme n’est rien d’autre que ce que l’homme en décide ».

Sauf que cette phrase a déjà été écrite. En … 1949, par Simone de Beauvoir dans Le deuxième sexe.

Simone de Beauvoir qu’il faut lire et relire, jeunes filles et jeunes gens, car avant Me too vous avez eu de magnifiques devancières !

1er octobre 2019

[i] Je ne vise pas du tout Bernard Pivot dont le tweet : « Dans ma génération, les garçons recherchaient les petites Suédoises qui avaient la réputation d’être moins coincées que les petites Françaises. J’imagine notre étonnement, notre trouille, si nous avions approché une Greta Thunberg » à déclenché une cascade d’indignation. Il s’est sans doute maladroitement exprimé (ça arrive à tous) mais voulait simplement dire que dans notre jeunesse prétentieuse et avantageuse, nous ne voyions les Suédoises que comme des filles qui n’avaient pas froid aux yeux (tandis que nous, ben… un peu). C’est donc de nous que se moque Pivot, pas de Greta.