2015 07 05 : Merci les Grecs !

Le peuple grec a clairement et nettement répondu NON au plan d’aide de la troïka européenne qui, pour ne pas passer purement et simplement par pertes et profits les créances des banques sur ce pays… si longtemps encouragé à s’endetter auprès de ces mêmes banques (cherchez l’erreur) voulait, en échange de cette aide, lui imposer une nouvelle rasade de sacrifices et d’austérité, compromettant tout chance de redressement ultérieur, sinon sous la tutelle de ces européens banquiers….

Drapeau_de_la_GrèceJe n’aurai pas l’outrecuidance de tirer des leçons de ce scrutin et de pronostiquer la suite pour ce qui concerne la Grèce, ce berceau de la démocratie.

Je veux simplement livrer quelques réflexions pour nous, Français.

  • C’est d’abord et avant tout une leçon de courage et de résistance. Pas contre l’Europe. Qui donc, sauf les nationalistes bornés, peut s’opposer à l’union européenne pour que notre continent conjure définitivement les risques de guerre intestine et préserve son poids dans le concert international ? Mais contre le « machin » de la Commission et de la superstructure politico-bureaucratique de l’Union.
  • C’est aussi une leçon, qu’il nous faut soigneusement méditer ‑ nous qui croyons à une presse libre dans une démocratie idéale ‑ quant au déferlement médiatique que nous avons vu à l’œuvre ces derniers jours.

Syriza-logo-004Dans la presse papier comme sur les télés, ce fut assaut de grossièretés, de brutalités, de mensonges par omission et d’analyses truquées, de rapports d’experts trafiqués, qui figureront dans dix ans, j’en prends le pari, aux annales des écoles de journalisme et de sociologie, au même rang que les campagnes de lavage de cerveaux antérieures.

Pour m’en tenir à celles que j’ai personnellement vécues : lorsque De Gaulle, ayant réglé la question algérienne, n’était plus qu’un obstacle à l’atlantisme et qu’on le fit passer pour gâteux après son « Québec libre » et son projet référendaire ; ou qu’on taxa Mitterrand de ringard traitre à son camp pour son attachement à certaines valeurs traditionnelles ; ou qu’on marginalisa Chirac et le traita de lâche parce qu’il refusa d’engager la France dans la croisade bushiste en Irak…

  • C’est surtout un immense soulagement que le NON l’ait emporté, parce qu’il marque un premier coup d’arrêt à l’hégémonie financière allemande. Ce n’est qu’un début, car le rapport des forces économiques reste favorable aux financiers de ce grand pays. Mais l’espoir et le rêve des 28 peuples membres de l’UE ne se limite pas à des taux de croissance et de flux marchands ; d’autant que la puissance allemande suscite des craintes et défiances, car elle se nourrit non seulement des échanges extracommunautaires mais aussi au détriment d’autres membres l’Union mis en position de sous-traitants de la grande Allemagne…
  • Un autre constat consternant hélas me vient : que les déclarations et insinuations insultantes pour la Grèce proférées ces dernières semaines par les socialistes et les républicains ont ouvert un large boulevard aux néofascistes, qui ont pu avec délectation afficher leur apparent soutien au NON grec.

Pour finir sans conclure, je vous livre ci-dessous la une du Journal du dimanche… mais du dimanche d’avant, qui exhalait une minable arrogance et une vilaine satisfaction :

une JDD 2015 06 28

J’espère que cette caricature de journal libre ne sera pas amenée à titrer dans quelque temps : L’Europe, c’est fini.

logo-ue-620x3305 juillet 2015